Le Lions Club de Carpentras présente, dans la Chapelle du Collège de Carpentras, deux artistes dont les œuvres dialoguent en décrivant des “Trajectoires” sous-tendues par un espoir de vivre. Sybille Friedel s’en est expliquée : « Afrique est arrivée comme une nécessité, n’est ce pas là le point de départ de l’humanité ? Avec mon obsession des paysages, je vois les arbres se transformer en personnages, des foules se mettent à surgir, je suis prise dans un cycle de  gigantesques défilés humains en marche. Dans cette masse de forêts humaines, j’ai la sensation de peindre l’eau, les nuages, le flottement de l’air. Mes peintures résonnent en écho à la marche des migrants. Vers où, d’où viennent-ils ? Tous ces personnages arrivent en plusieurs plans dans l’espace, s’évanouissent puis réapparaissent. Sur les toiles, le temps est aboli, les mouvements intemporels ».






Ndary Lo, à l’occasion de la Biennale de Dakar en 2008, a développé sa vision d’une forêt symbole d’espoir en créant La Muraille Verte. La “Grande Muraille Verte” est un concept lancé en 2007, un projet panafricain de reboisement de la zone sahélienne destinée à lutter contre l’avancée de la désertification. Ndary Lo s’en est inspiré pour imaginer une forêt d’arbres tels qu’il les a décrits dans ses carnets : « Un arbre est fait d’un entrelacement de corps humains, les bras au ciel. »






Ses croquis montrent que les troncs des arbres sont toujours des corps de femmes, la Terre nourricière qui porte les Hommes. Dans l’installation originale exposée en 2008, les arbres étaient placés sur une sur face réfléchissante partiellement recouverte de terre et de débris organiques, révélant ainsi la présence de l’eau que doit générer la plantation de la Grande Muraille Verte, eau source de vie et source d’espoir. Les personnages des deux artistes sont entraînés sans répit par une pulsion de survie dont l’espoir est le seul moteur.