Sybille Friedel

Traits de caractère…

« Au bout de plusieurs années, je lui ai dit : ce travail, ce n’est pas moi, ce n’est pas ma civilisation. Il m’a juste répondu : pourquoi te poser de telles questions ? C’est comme un cocon de ver à soie, tu finiras par trouver le fil, et alors tu le tireras et ton imagination viendra. D’ici là travaille, travaille encore….. »

Alors Sybille travaille. Une décennie entière. Elle trouve le temps de mener deux combats à la fois : la maîtrise de son art et la sauvegarde du marais. Dans son atelier, elle élabore une peinture abstraite à base d’idéogrammes chèrement maîtrisés. A Larchant, avec ses frères, ils préservent une nature concrète et fragile. Ils alertent les scientifiques, trouvent des financements, luttent contre les pouvoirs publics. Tout ceci avec la même ardeur qu’elle met au contrôle de son pinceau. En 1992, elle rencontre un peintre chinois venu exposer à Paris. C’est le choc. « Il faisait la même recherche que moi, le passage de la calligraphie à l’écriture abstraite. Il m’a convaincu de partir en Chine rencontrer des calligraphes. » Au prix d’une rocambolesque entreprise, ils finissent par exposer ensemble quatre ans plus tard au musée des Beaux-Arts de Pékin. La Chine commence à s’ouvrir, les gens de la rue osent venir voir le travail de cette occidentale qui les sidère à la fois par sa connaissance de leur écriture et la liberté qu’elle y met. Rencontres, échanges, reconnaissance aussi…. Sybille comprend enfin le sens des paroles de maître Lee. Elle a trouvé le fil, à présent il suffit de suivre son instinct.

Ce qui la conduira plus tard à la calligraphie en trois dimensions, une grammaire inventée suspendue dans l’air, et, plus récemment, à la sculpture de personnages en bois longilignes. Des « marcheurs » que la lumière caresse pour créer à chaque regard de nouvelles formes. Et les couleurs ? Superflues. Pour elle, les gammes de blanc, de gris, de noir sont des couleurs. « Le travail de la lumière traverse ces nuances. Le regard de chacun y trouvera ses propres couleurs.
Propos d’Edith de la HéronnièreSybille Friedel, une leçon d’Orient par Monique SicardDe la calligraphie encore et toujours Books
Sybille Friedel : 06 80 96 97 63
infos@sybille-friedel.net