Sybille Friedel

Traits de caractère…

Propos d’Edith de la Héronnière

Et l’on se demande comment, par la seule vertu de l’eau, de l’encre et du papier, des élémentaires si fragiles, une telle affirmation d’énergie est possible sans que rien ne soit expressément dit.

Le parcours de Sybille Friedel passe par le Museum d’Histoire Naturelle et l’apprentissage de l’aquarelle sur vélin comme on la pratiquait à Paris au siècle des Lumières. Ensuite, l’artiste a trouvé tout naturellement son maître en la personne du peintre coréen Ung-Noo-Lee. D’un long apprentissage de la calligraphie avec lui, elle a gardé le suc pour prendre son envol, accomplissant en elle la synthèse d’un art ancestral venu d’Orient et d’une tradition picturale française. Rien de la vie, si difficile soit-elle, n’est exclu de la toile en papier de riz où alternent et se répondent les notes claires et les notes sombres, la pesanteur et la grâce pour reprendre le beau titre de Simone Weil.
La sauvagerie, poétiquement mise en rythme de manière à ouvrir l’espace à notre sensibilité et l’entraîner au-delà d’elle-même dans un bouillonnement de vie, dans un frémissement d’esprit, un vent – l’un de ces vents dont on ne sait « ni d’où il vient, ni où il va ». C’est cela, l’alchimie de l’encre et de l’eau, devenus les mediums d’une pure force vitale qui est aussi pure attention. La poétesse italienne Cristina Campo aurait sans doute reconnu en cette peinture l’une des formes possibles de ce qu’elle appelait la « sprezzatura ». L’œuvre de Sybille Friedel a cette vertu de désigner en s’abstenant de nommer, de suggérer en disparaissant pour délivrer un je ne sais quoi de précis, de large, d’infini peut-être – une présence - ce qui a pour effet de raviver le courage, de magnifier le goût de vivre induit par cette manière de contempler la beauté du monde. Oui, il y de la délivrance dans cette peinture.
Sybille Friedel, une leçon d’Orient par Monique SicardDe la calligraphie encore et toujours Books
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